La transplantation rénale reste le traitement de choix de l’insuffisance rénale chronique. La greffe de rein est en effet le seul traitement qui permet de guérir définitivement l’insuffisance rénale.

Fin 2017, plus de 39.000 personnes portaient un greffon rénal fonctionnel, soit 45% des personnes en traitement de suppléance, les autres étant en dialyse). Mais il ne faut cependant pas idéaliser la transplantation rénale. Si elle permet le retour à la vie sociale et à une condition physique normale ou quasi normale, c’est au prix d’un traitement médicamenteux lourd et à vie. Le risque de retour à la dialyse n’est jamais complètement écarté.

Le nombre de candidats à la greffe rénale en hausse

Le rein reste l’organe le plus greffé en France (environ 60% de l’ensemble des greffes).

En 2017, 3.782 greffes rénales ont été réalisées en France, dont 16% à partir d’un donneur vivant ; 14% étaient des greffes préemptives, c’est-à-dire réalisées chez des personnes non-dialysées, 15% étaient des re-transplantations. Le nombre de greffes préemptives est en augmentation, comme le préconise la recommandation d’inscrire tôt et de transplanter vite les patients âgés, avant que l’âge et des complications ne surviennent en dialyse, contre-indiquant la greffe.

En 2017, le nombre total de candidats à une greffe a atteint 18.793, soit une progression de 6% sur un an. Malgré l’augmentation de l’activité de greffe (+3% sur la période 2012-2016), la pénurie en greffons s’aggrave.

Insuffisance rénale, maladies rénales, dialyse, greffe de rein l Objectif Rein Santé

LE SAVIEZ-VOUS?

Tous organes confondus, le nombre de greffes a baissé en 2018, la première fois en huit ans. Pour le rein, 3.546 greffes ont été réalisées en France (dont 537 à partir d’un donneur vivant), un chiffre en baisse de 6,24% par rapport à l’année précédente.

Paradoxalement, selon l’Agence de biomédecine, l’une des causes de cette baisse inquiétante réside dans les progrès de la médecine réalisés pour lutter contre les AVC, dont la mortalité a diminué de 15%. Moins de donneurs en état de mort cérébrale, du coup moins de greffons disponibles…

La greffe en pratique

En pratique, sauf exception, le receveur conserve ses deux reins propres. Le rein du donneur est greffé à proximité, avec sa veine et son artère. Il est connecté à l’urètre (conduit drainant l’urine du rein vers la vessie) du receveur. Le plus souvent, le greffon retrouve une activité normale. Parfois, une légère insuffisance rénale persiste.

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S’inscrire sur la liste d’attente à la transplantation de l’Agence de la biomédecine

Actuellement, la médiane d’attente, c’est-à-dire la durée d’attente sur liste après laquelle 50% des candidats ont été greffés, est de 31,3 mois pour les malades inscrits entre 2012 et 2016. Elle n’est plus que de 19,1 mois si on ne considère que la liste « active », hors contre-indications temporaires.

En effet, 43% des malades inscrits relèvent d’une contre-indication temporaire à la greffe. De ce fait, cela relativise l’inadéquation entre le nombre de candidats et le nombre de greffes réalisées.

Suis-je un bon candidat à la greffe de rein ?

L’on peut être greffé quel que soit son âge, à la condition de ne pas souffrir d’insuffisance cardiaque très sévère, de cancer non guéri, d’infection évolutive, ni d’hépatite chronique ou de diabète non contrôlés.

A cela s’ajoutent des exigences de compatibilité entre les antigènes HLA (Human Leucocyte Antigen) du donneur et du receveur, c’est-à-dire les antigènes présents à la surface des cellules de l’organisme de chacun. Cette compatibilité doit être la plus proche possible pour éviter au maximum le rejet du greffon (elle n’est parfaite que dans le cas de vrais jumeaux). Toutefois, la réaction de rejet est de mieux en mieux maîtrisée aujourd’hui par les médicaments dits anti-rejets ou immunosuppresseurs. Cependant, la personne greffée devra prendre un traitement immunosuppresseur à vie (ainsi que des corticoïdes). Cela n’est pas toujours sans conséquences et le risque existe de survenue d’un cancer (cancers de la peau, lymphomes), d’infections (dues à des bactéries, virus, champignons) ou de complications cardiovasculaires.

Le plan greffe 3

En France, le Plan greffe 3 (2017-2021) s’est focalisé sur l’exploitation de toutes les possibilités de sources de greffons considérées comme complémentaires : donneurs décédés en état de mort encéphalique (le cerveau ne montre plus aucune activité), donneurs décédés après arrêt cardiaque, donneurs dits « à critères élargis »* et donneurs vivants (parents et proches).

La majorité des greffes est pratiquée sur des personnes en état de mort cérébrale. Cependant, les greffes effectuées à partir de donneur vivant ont bondi de 60% depuis 2012 et représente désormais 16% de l’activité de greffe rénale. Mais la marge de progression est considérable : les donneurs vivants représentent 53% des pourvoyeurs de greffes aux Pays-Bas et 30% au Royaume-Uni.

* Les reins de donneurs à « critères élargis » sont définis comme les donneurs âgés de plus de 60 ans ou de 50 à 59 ans avec au moins deux des facteurs de risque suivants : cause de décès vasculaire, antécédent d’hypertension artérielle, créatininémie supérieure à 130 µmol/l.