Article publié le 17 Septembre 2026
Protéinurie : que signifie la présence de protéines dans les urines ?
La présence de protéines dans les urines, appelée protéinurie, est un phénomène souvent découvert lors d’un examen de routine. Dans certains cas, il s’agit d’une situation bénigne et transitoire. Dans d’autres, elle peut révéler un dysfonctionnement des reins ou une maladie sous-jacente. Comment interpréter ce résultat ? À partir de quand faut-il s’en préoccuper ? Faisons le point.

Qu’est-ce que la protéinurie ?
La protéinurie correspond à la présence anormalement élevée de protéines dans les urines. En temps normal, les reins jouent un rôle de filtre : ils laissent passer les déchets et l’eau vers l’urine, mais retiennent les éléments essentiels à l’organisme, comme les protéines, dans le sang.
Ces protéines, et en particulier l’albumine, sont indispensables. Elles participent notamment au maintien de la pression dans les vaisseaux sanguins et au transport de certaines substances dans l’organisme.
Lorsque ce système de filtration est altéré, des protéines peuvent traverser les filtres rénaux (appelés glomérules) et se retrouver dans les urines. C’est ce que l’on appelle la protéinurie. Selon les mécanismes en cause, elle peut être d’origine glomérulaire (atteinte du filtre) ou tubulaire (défaut de réabsorption des protéines filtrées).
Dans certains cas, cette présence est temporaire et sans gravité. Elle peut survenir après un effort physique intense, en cas de fièvre, de stress ou de déshydratation. On parle alors de protéinurie fonctionnelle.
Mais lorsque la protéinurie persiste, elle peut être le signe d’une atteinte rénale. Elle constitue même souvent l’un des premiers indicateurs d’un problème au niveau des reins, avant l’apparition de symptômes visibles.
Comment la détecte-t-on ?
La protéinurie est le plus souvent découverte lors d’un examen urinaire, réalisé en laboratoire.
Si une anomalie est détectée, des examens complémentaires peuvent être prescrits :
- Dosage précis des protéines sur 24 heures ;
- Rapport albumine/créatinine sur un échantillon urinaire ;
- Bilan sanguin pour évaluer la fonction rénale.
L’objectif est de confirmer la protéinurie, d’en mesurer l’importance et d’en identifier la cause. Selon le contexte, des examens complémentaires (imagerie, voire biopsie rénale) peuvent être nécessaires.
À partir de quel taux faut-il s’inquiéter et que peut cacher la protéinurie ?
La quantité de protéines dans les urines est un élément clé pour interpréter la situation. Chez un adulte en bonne santé, l’excrétion normale de protéines est généralement inférieure à 150 mg par jour. L’excrétion d’albumine entre 30 et 300 mg/jour (20 à 200 mcg/min) est considérée comme une augmentation modérée de l’albuminurie (microalbuminurie), et des taux plus élevés sont considérés comme une augmentation sévère de l’albuminurie selon la nouvelle terminologie. On parle aujourd’hui d’albuminurie modérément augmentée (30 à 300 mg/j) et sévèrement augmentée au-delà de 300 mg/j.
La persistance de ces anomalies sur plusieurs prélèvements (généralement à quelques semaines d’intervalle) est un critère important pour confirmer le caractère pathologique de la protéinurie.
Plus la quantité est élevée et persistante, plus le risque de pathologie sous-jacente est important. Une protéinurie élevée (notamment supérieure à 3 g/jour) peut évoquer un syndrome néphrotique et justifie une évaluation spécialisée.
Quels signes doivent alerter ?
La protéinurie est souvent silencieuse. Elle ne provoque pas forcément de symptômes, surtout au début.
Cependant, dans certains cas, des signes peuvent apparaître :
- Des urines mousseuses (liées à la présence de protéines) ;
- Des gonflements, notamment au niveau des jambes ou des paupières (œdèmes) ;
- Une fatigue inhabituelle.
Ces symptômes traduisent généralement une atteinte plus avancée. Dans les formes importantes, une prise de poids liée à une rétention d’eau peut également être observée.
La protéinurie peut être liée à différentes causes :
Une anomalie transitoire
Certaines situations peuvent entraîner une protéinurie passagère sans gravité :
- Fièvre ;
- Exercice physique intense ;
- Stress important ;
- Grossesse (elle doit être surveillée, notamment en cas d’association à une hypertension artérielle pouvant évoquer une pré-éclampsie).
Une anomalie spécifique : la protéinurie orthostatique
Chez les adolescents et les jeunes adultes, il existe une forme particulière appelée protéinurie orthostatique. Elle apparaît en position debout et disparaît en position allongée. Elle est généralement bénigne. Elle est fréquente chez le sujet jeune et ne nécessite généralement pas de traitement.
Une atteinte des reins
C’est la cause la plus fréquente lorsque la protéinurie est persistante. Elle peut traduire une maladie des glomérules, comme une glomérulonéphrite, ou une atteinte progressive liée à des maladies chroniques. Le diabète et l’hypertension artérielle sont deux causes majeures de maladie rénale. Dans ces situations, la protéinurie est souvent un signe précoce d’atteinte des reins.
Une maladie inflammatoire, auto-immune ou infectieuse
Certaines maladies affectant l’ensemble de l’organisme peuvent également provoquer une protéinurie. C’est le cas de maladies inflammatoires, auto-immunes ou infectieuses. Certaines pathologies spécifiques, comme le myélome multiple, peuvent entraîner une production excessive de protéines anormales détectables dans les urines.
Peut-on traiter la protéinurie ?
Le traitement dépend avant tout de la cause. Il ne s’agit pas de traiter la protéinurie en elle-même, mais le problème sous-jacent.
Par exemple :
- Un meilleur contrôle du diabète ou de la tension artérielle ;
- La prescription de traitements visant à protéger la fonction rénale, notamment dans certaines maladies chroniques ;
- La prise en charge d’une maladie inflammatoire ou infectieuse.
Dans certains cas, des mesures hygiéno-diététiques sont également recommandées, comme la réduction de la consommation de sel ou l’arrêt du tabac.
Pourquoi ne pas négliger une protéinurie ?
Si elle peut parfois être bénigne et passagère, la protéinurie constitue souvent un signal d’alerte, notamment en cas de persistance ou de taux élevé. Même en l’absence de symptômes, une protéinurie persistante ne doit pas être ignorée. Elle peut être le signe précoce d’une maladie rénale chronique, dont l’évolution est souvent lente mais irréversible si elle n’est pas prise en charge.
Parce qu’elle est généralement silencieuse, sa découverte repose souvent sur un examen de routine. D’où l’importance de ne pas négliger ces résultats et de consulter pour en comprendre l’origine. Mieux comprendre la protéinurie, c’est aussi mieux protéger ses reins et prévenir des complications à long terme.
Céline KERUZORE
Sources :
https://www.vidal.fr/medicaments/substances/albumine-15536.html
https://microbiologie-clinique.com/proteines-dans-urine-proteinurie.html
