Article publié le 17 Septembre 2026

Appel à projets de l’Agence de Biomédecine
L’Agence de biomédecine lance un appel pour tout projet de recherche sur la maladie rénale chronique. La lettre d’intention doit être déposée avant le 29 octobre 2026 à 17h.
Cet appel d’offres concerne les projets de recherche innovants et portant sur trois grands enjeux : mieux connaître la maladie rénale chronique et son évolution, mieux analyser les parcours et les modalités de prise en charge ou mieux éclairer les décisions en matière de prévention, de soins et de santé publique. Les candidatures peuvent aussi porter sur l’épidémiologie, l’économie de la santé ou l’évaluation de la prise en charge, à condition de s’appuyer sur les données du réseau REIN.
Depuis 2008, l’appel d’offres REIN a déjà soutenu 103 projets de recherche, soit en moyenne six par an.
Pour en savoir plus.
![]()

Parution : étude d’un essai randomisé
Au mois d’août 2026, les résultats de l’essai randomisé ALCHEMIST* portant sur le traitement pharmacologique antihypertenseur pour la prévention des maladies cardiovasculaires sont parus dans The Lancet.
Cette étude a inclus la participation de 64 structures publiques, privées ou associatives françaises et concernait 823 patients hémodialysés chroniques.
* ALdosterone antagonist Chronic HEModialysis Interventional Survival Trial est un grand essai clinique international, randomisé et en double aveugle.
Lire l’article.
![]()

Réforme des autorisations
La réforme des autorisations de la dialyse se poursuit par la publication le 25 juin 2026 d’un arrêté relatif aux conventions de coopération entre les établissements de santé exerçant l’activité de traitement de l’insuffisance rénale chronique par la pratique de l’épuration extrarénale.
Cet arrêté modifie l’arrêté du 25 septembre 2003 et il entrera en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2027.
Lire l’arrêté.
![]()

17e Congrès des Représentants des usagers : inscrivez-vous maintenant
Le Congrès des Représentants des usagers, organisé par la FHP-MCO, se déroulera le mardi 22 septembre 2026 de 09h45 à 17h30, à l’Hôtel des Arts et Métiers (9 bis, avenue Iéna, Paris XVI).
Retrouvez le programme complet. Congrès réservé aux adhérents de la Fédération et aux associations des représentants des usagers.
![]()

Incendies en Gironde : « Mes équipes ont été fantastiques »
Face aux incendies, comment assurer la continuité et la sécurité des soins des patients dialysés ? Récit de Émeline Lazare, directrice opérationnelle de la filière dialyse du Grand Bordeaux et directrice de la spécialité Dialyse pour le groupe ELSAN
L’été 2026 restera marqué par les incendies qui ont ravagé la Gironde. Une catastrophe qui a nécessité sang-froid, réactivité et détermination pour assurer la continuité et la sécurité des soins des patients dialysés du territoire.
Le 21 juillet, un premier incendie autour de l’aéroport de Mérignac cause la mort de deux pompiers, entraîne des dégâts matériels importants et laisse présager une période estivale difficile. Trois jours plus tard, un incendie se déclare à Saumos. Les équipes médicales deviennent vigilantes mais pas encore inquiètes. Pourtant, le feu prend une ampleur considérable. Les communes sont successivement évacuées et chacun comprend qu’il va falloir vivre au rythme des cellules de crise.
Le jeudi 23 juillet, Émeline Lazare, directrice opérationnelle de la filière dialyse du Grand Bordeaux et directrice de la spécialité Dialyse pour le groupe ELSAN, interroge l’ARS sur l’éventualité d’une évacuation de l’unité de dialyse assistée d’Arès, du Centre de Traitement de la Maladie Rénale (CTMR) de Saint-Augustin, hébergée au sein de l’Hôpital privé Wallerstein. Elle espère ne pas avoir à évacuer l’antenne en pleine séance de dialyse. L’ARS se veut rassurante. Pourtant, L’incendie progressera de manière massive et imprévisible, très rapidement. De fait, le vendredi 24 juillet à 12h30, un arrêté préfectoral ordonne l’évacuation immédiate de l’antenne. « Nous avons immédiatement clampé les patients », raconte Émeline Lazare. « Comme nous avions senti le vent tourner, un médecin néphrologue était présent pour assister les soignants et rassurer les patients. On a vidé l’antenne et on est parti de toute urgence, en abandonnant derrière nous, le matériel, les générateurs, le traitement d’eau, et les médicaments dans les frigos. » Les 24 patients présents ce vendredi sont rapatriés vers le centre lourd et de repli du CTMR de Saint-Augustin, situé dans le centre-ville de Bordeaux. À partir de ce jour-là, aucune séance de dialyse ne sera plus réalisée dans l’antenne d’Arès. Cette fermeture implique de réorganiser les soins, les transports des patients, mais aussi l’approvisionnement des 48 patients habituellement pris en charge sur le site.
Une course contre la montre
La cellule de crise s’enclenche. Elle durera environ deux semaines, jour et nuit. Avec ses équipes, Émeline Lazare entame alors une course contre la montre : « On est un vendredi et il faut absolument retrouver l’intégralité des patients du samedi, puis ceux de la semaine à venir ». Au total, les 48 patients dialysés initialement sur le site d’Arès, doivent être recherchés, localisés, informés et réorientés vers le centre de dialyse de Bordeaux. Une tâche loin d’être simple car certains patients âgés, peu familiarisés avec les nouvelles technologies, ne disposent pas de téléphone portable. D’autres seront évacués jusqu’à quatre fois au cours de la période. À cette réorganisation s’ajoute la prise en charge des patients du centre lourd ELSAN résidant dans les communes évacuées. Au total, ce sont plus de 100 patients dont la prise en charge doit être réorganisée.
La crise touche aussi les équipes. Le personnel et les membres de la direction sont eux aussi évacués, tandis que le feu continue de progresser. Pourtant, les membres de la cellule de crise assureront jusqu’à 36 heures consécutives en clinique, le temps de réorganiser les plannings et de vérifier que chaque patient et que chaque professionnel est en sécurité. À la demande des familles, six patients seront évacués dans différentes régions de France.
Une mobilisation exceptionnelle
La mobilisation des professionnels est totale. « Parmi le personnel, certains ont tout perdu et n’ont nulle part où aller. Ils sont venus travailler plutôt que de constater l’ampleur des dégâts sur leur vie et sur la nature », raconte Émeline Lazare. « Certains ont été hébergés dans nos cliniques, des patients ont logé d’autres patients. Le personnel en vacances a proposé de rentrer. Tout le monde comprend que nous sommes en crise. » Ne sachant pas combien de temps les incendies vont durer, Émeline Lazare choisit de laisser les professionnels en congés poursuivre leurs vacances, afin qu’ils puissent prendre le relais si la situation perdure.
Avec l’ARS et la préfecture, Émeline Lazare participe à des points de situation organisés toutes les deux heures, de jour comme de nuit, afin de transmettre les dernières consignes, suivre l’avancée du feu et anticiper les prochaines communes susceptibles d’être évacuées. En amont de la fermeture de l’A63 et de la restriction de circulation routière, une commande massive est passée auprès des fournisseurs afin de sécuriser les approvisionnements de médicaments et de dispositifs médicaux.
« Ça a été très long, compliqué, éprouvant, effrayant. Mais mes équipes ont été incroyables », poursuit Émeline Lazare. « Pour pallier la fatigue, les contrôles sont renforcés afin de limiter le risque d’erreur et s’assurer qu’aucun patient n’est oublié. Sur cette période, nous n’avons perdu aucun patient. Et malgré les conditions extrêmes, je n’ai pas entendu un seul “non” de la part des personnels soignants et administratifs. »
Les plans blancs suffisamment détaillés ont bien fonctionné. La possibilité de contacter l’ensemble des centres de dialyse des départements limitrophes pour organiser, si nécessaire, l’évacuation des patients et des professionnels, avait même été envisagée, en cas de catastrophe supplémentaire.
Puis la réouverture
Une fois la menace écartée, il faut gérer le post-crise : des cendres partout, remettre les équipements en état, obtenir des laissez-passer exceptionnels, éliminer les médicaments et les consommables inutilisables, effectuer des travaux, organiser le retour des patients… Le centre de dialyse d’Arès rouvre finalement ses portes le 17 août. Une réouverture qui doit beaucoup à la mobilisation des équipes. Et comme le résume Émeline Lazare : « Mes équipes ont été fantastiques ».
![]()
Credits photos : Istock.

