Le prélèvement et la greffe rénale, une priorité absolue

En France, plus de 35000 personnes ont subi une transplantation rénale, et 45000 sont dialysés. On constate une évolution annuelle de 4 à 5% des patients dialysés dont un tiers démarre la dialyse en urgence. En 2015, nous comptabilisons près de 3 500 greffes de rein en France, dont 500 ont été réalisées sur donneur vivant.

En 2022, la transplantation rénale reste l’un des meilleurs traitements pour les patients : la greffe sans recours préalable à la dialyse est effectuée à partir de donneur vivants (greffe préemptive) et a d’ailleurs été établie comme une priorité par les autorités de santé.

En 2022, la greffe préemptive transplantation rénale reste l’un des meilleurs traitements pour les patients : la greffe sans recours préalable à la dialyse est effectuée à partir de donneur vivants (greffe préemptive) et a d’ailleurs été établie comme une priorité par les autorités de santé.

Impact de la Covid 19 sur la transplantation rénale

L’activité de greffe a connu un ralentissement important ces deux dernières années. Selon une étude publiée en 2021 par un groupe de chercheur : « La transplantation rénale a connu la plus forte réduction dans presque tous les pays en 2020 par rapport à 2019 et plus précisément les transplantations de donneurs vivants ont nettement diminué (reins : -40 %). En ce qui concerne les greffes à partir de donneurs décédés, il est observé une réduction des greffes de rein (-12 %) ».

La pandémie a généré une incertitude de telle ampleur que pour la première fois de son histoire pendant le premier confinement : les prélèvements et les greffes de patients parfois asymptomatiques ont été annulés de peur d’une contamination par le virus SARS-CoV-2.

Le prélèvement et les greffes rénales, une priorité absolue

Les nouvelles mesures définies pour la période 2022 – 2026 seront soutenues par un financement de 210 millions d’€ en faveur du prélèvement de la greffe d’organes (soit une hausse de plus de 10 % par rapport au budget habituellement alloué). Ce plan établit les priorités pour accroître le don et la transplantation d’organes ou de tissus au cours des cinq prochaines années.

  1. La multiplication des sources de don

Les mesures proposées par le plan ministériel abordent cette nécessité sous trois axes.

  • Diminuer le taux de refus de prélèvement (évalué à 33,6 % en France). En effet, la mortalité routière en baisse (3 000 morts par an) et la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux s’améliore. Il est donc prévu d’analyser les déterminants des refus de dons d’organes et d’adapter la communication avec les proches de donneurs potentiels.
  • Inciter le grand public et les soignants à développer l’activité de greffe à partir de donneurs vivants est un autre moyen d’augmenter le nombre de greffons.

L’objectif est de récolter 20 % de greffons rénaux contre 15 % aujourd’hui.

Cette mesure passe par la réorientation des patients vers un autre centre si besoin, la relance de l’activité de don croisé, une meilleure valorisation de l’occupation des blocs opératoires, la formation des chirurgiens au prélèvement, l’amélioration du suivi des donneurs vivants.

  • Augmentation du nombre de prélèvement après mort cardiaque programmée en réanimation (Maastricht III*). L’objectif est 15 % de prélèvements de ce type contre moins de 5 % aujourd’hui. Cela nécessite une plus grande formation des professionnels, le recours à la circulation normothermique, et l’extension de ce programme aux greffes cardiaques et pédiatriques.
  1. Le déploiement de 150 infirmiers

Cette ressource était déjà en partie destinée à l’activité de transplantation rénale pour le suivi des patients, montrant une évolution favorable en post-greffe.

Ces professionnels de santé coordonnent la pré greffe, le suivi des donneurs vivants, et l’abord des proches des patients pressentis pour être des donneurs décédés.

  1. La (re)valorisation financière

Les activités de greffe à partir de donneurs vivants doivent bénéficier d’une revalorisation. L’harmonisation de la compensation financière des chirurgiens participants est aussi envisagée du fait que cette activité est souvent menée en nuit profonde entraînant une fatigue physique et psychique importante.

  1. La valorisation non financière des établissements

Elle ne sera envisageable seulement si des indicateurs de performance sont mis en place pour suivre les activités de recensement des donneurs, de prélèvement et d’organisation de la chirurgie de greffe.

  1. L’implication des ARS dans le pilotage de cette activité

Il est exigé qu’un référent médical soit nommé dans chaque agence régionale de santé (ARS) pour assurer le suivi régional de l’activité spécifique de prélèvement et de greffe afin de constituer un intermédiaire entre le ministère et l’Agence de la biomédecine.

Le premier rein bioartificiel, une percée majeure 

Alors que la Covid 19 a fragilisé les processus de transplantation rénale à l’échelle mondiale, une nouvelle découverte scientifique majeure fait son apparition : la réussite de la toute première démonstration d’un prototype fonctionnel du premier système implantable de rein bioartificiel.

Bien que non accessible encore pour le grand public, cette avancée scientifique est considérée par la communauté médicale comme un espoir tangible de libérer les patients atteints d’insuffisance rénale des appareils de dialyse et des listes d’attente pour les greffes en constante augmentation.

Au niveau du gouvernement, la réussite de ce nouveau prototype représente un changement majeur quant aux objectifs définis dans les plans d’amélioration de la santé rénale déjà établis pour 2022-2026 et pose alors de nouveaux objectifs à définir.

Sources

  • Ministère des autorités et de la santé-Plan ministériel pour le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus 2022-2026

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/planprelevementgreffe_ot_2022_2026.pdf