L’activité physique : à ne pas négliger en cas d’insuffisance rénale

La sédentarité est on le sait très délétère, elle favorise en particulier la survenue de maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension artérielle. Ces maladies sont précisément des facteurs de risque de développer une maladie rénale. Quand celle-ci survient, les patients sont souvent réticents à la pratique d’une activité physique, à laquelle ils ne se sentent pas aptes. Or elle permettrait de ralentir l’évolution de la maladie et s’avèrerait bénéfique à tous les stades de la maladie, y compris pendant la dialyse et après une greffe rénale.

Des bénéfices appréciables

Une étude menée aux États-Unis sur plus de 15 000 personnes durant sept à neuf ans a démontré que celles qui pratiquaient une activité physique, même considérée par les auteurs comme insuffisante, voyaient leurs taux de mortalité réduits de plus de 40% par rapport aux sujets inactifs. Chez les patients atteints de maladie rénale chronique cette fois-ci, la proportion était sensiblement la même. Mais ce qu’il est intéressant de noter, c’est que les patients insuffisants rénaux étaient proportionnellement 2 fois plus nombreux à être totalement inactifs.

Une autre étude, menée au Royaume-Uni cette fois-ci, a étudié les effets de l’activité physique sur la santé de patients insuffisants rénaux non dialysés. Ceux-ci présentent en effet souvent une perte musculaire accompagnée de fatigue. Les patients ont suivi un programme d’exercices supervisés (exercice sur tapis roulant, aviron ou cyclisme) pendant 30 minutes, ou entraînement combiné, 3 fois par semaine. Les auteurs ont observé chez ces patients une augmentation significative de leur force, de la taille de leurs muscles des jambes et de leur condition cardiorespiratoire.

Pour autant, il est difficile de prouver que l’activité physique va améliorer la fonction rénale. La maladie semble progresser moins vite chez les patients qui ont des activités physiques régulières par rapport à ceux qui bougent très peu. Mais dans tous les cas, l’activité physique va améliorer la qualité de vie car elle va souvent de pair avec une vie sociale plus riche. En outre, être capable d’aller se promener, de faire ses courses malgré de gros problèmes de santé, des traitements lourds, permet de garder une bonne estime de soi et une bonne autonomie.

En cas de dialyse ou de greffe

Les personnes dialysées ont une propension à être extrêmement sédentaires. Il faut bien reconnaître que les temps hebdomadaires consacrés à la dialyse ne peuvent que favoriser cette tendance. Néanmoins, il faut savoir que, dans le cas de la dialyse, l’activité physique peut être reprise dès le premier mois, dès que l’état de santé est stable, et c’est même vivement recommandé.
Chez les patients greffés, il a été constaté que chez ceux qui avaient une activité physique avant d’être transplantées, la greffe se passait mieux. Une fois la transplantation réalisée, la fonction rénale s’améliore et permet de regagner en capacités physiques. Il est néanmoins conseillé d’attendre de se remettre de l’intervention, soit environ 6 semaines, avant de reprendre son sport favori. Dans tous les cas, il faut tout de même y aller progressivement. Il faut aussi éviter certains sports « violents » pour protéger le greffon. Le rein greffé étant implanté dans la partie inférieure de l’abdomen, il est un peu plus vulnérable que s’il était implanté comme les reins « natifs ». Certaines activités sont ainsi déconseillées : les sports de combats, mais aussi les sports avec risques de contacts violents comme l’escrime, le cyclo-cross, le moto-cross, le hockey, le rugby ou encore le football. Le vélo, la natation, la marche et la course à pied sont en revanche parfaitement conseillés.

L’activité physique ce n’est pas que du sport !

Mettons les choses au point : si la pratique d’un sport ne peut qu’être encouragée, il ne s’agit pas de mettre tout le monde au marathon ! L’activité physique est bonne pour la santé et il est vivement conseillée de la pratiquer, mais il s’agit là d’une activité physique régulière, intégrée dans la vie de tous les jours. Il n’est pas indispensable de se lancer dans le sport au sens strict du terme, avec des règles, des horaires à respecter. Cette différence est importante, car la sédentarité s’installe souvent parce que l’idée de s’astreindre à faire du sport est d’emblée décourageante pour certains.

Mais il est vrai qu’il n’est pas toujours facile de se rendre compte de son niveau de sédentarité. Le podomètre (il y a de nombreuses applis gratuites sur smartphone) peut être une bonne indication. L’Organisation Mondiale de la Santé recommande de faire 10 000 pas par jour, mais l’idéal serait de pratiquer au moins de 30 minutes d’activité physique modérée, 5 fois par semaine et idéalement de combiner endurance et renforcement musculaire. De petits actes du quotidien peuvent aider : aller faire ses courses à pied plutôt qu’en voiture, prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur (pour un ou deux étages seulement, en descendant au 5ème quand on habite au 6ème), se lever toutes les heures et marcher 1 ou 2 minutes avant de se rassoir… De petites habitudes qui peuvent donner de grands bénéfices. 

Sources