Interview d’Aurélia Pallavinici – Newsletter N°6

Publié le 09 Septembre 2021

Infirmière au Centre d’Auto Dialyse Sainte Catherine à Bastia (Almaviva Santé)

Poursuivre ses séances de dialyse en vacances

En Corse, le Centre d’Auto Dialyse Sainte Catherine à Bastia est rompu à l’accueil de patients-touristes. Entretien avec Aurélia Pallavinici, infirmière.

« À Sainte Catherine nous pratiquons l’auto dialyse ; nos patients sont autonomes et sans affection particulière. Ils viennent pour leurs séances et repartent accompagnés ou par leurs propres moyens. Avec dix postes de dialyse, nous avons une file active de trente-cinq patients, accompagnés par quatre infirmières, deux agents de service hospitalier, un directeur et moi-même. Une assistante sociale, une psychologue et une nutritionniste interviennent également. Nous pouvons procéder à vingt dialyses par jours soit quarante patients en file active complète. Nous disposons de places pour les vacanciers et faisons toujours le maximum pour satisfaire les demandes.

En Corse, nous avons deux catégories de vacanciers, ceux qui font des demandes pour des séjours longs. Ce sont souvent des personnes qui ont des résidences secondaires ici et qui viennent tous les ans. Nous avons aussi des patients qui viennent pour des séjours plus courts et ponctuels. Dans tous les cas, leur centre de dialyse me contacte pour que je leur envoie le dossier vierge. Même si le patient est connu, je vérifie tous les paramètres de dialyse et je soumets le dossier au néphrologue. Lorsque ce sont des personnes qui viennent pour la première fois, nous sommes très vigilants. Cependant, absolument tous les dossiers sont soumis à un avis médical. Si nous avons le moindre doute nous appelons le centre d’origine et nous vérifions les données avec une infirmière ou le néphrologue.

Cette année, la Corse était en rouge en juillet ; nous avons eu de nombreuses annulations. En août, le tourisme a repris, et pour septembre et octobre le centre est quasiment complet.

Pour toutes demandes de séjour, nous communiquons grâce à un dossier vierge qui rassemble des informations administratives et médicales. Il est indispensable de remplir correctement ce dossier pour qu’il soit validé par le centre d’accueil. Nous devons fournir des bilans sanguins, une attestation de prise en charge par la Sécurité sociale, une photocopie de pièces d’identité, et la partie médicale est renseignée par le néphrologue.

Ainsi, lorsque nos patients partent en vacances en Corse du sud, ce qui arrive fréquemment, ils poursuivent leur dialyse dans les autres centres que nous connaissons parfaitement. Lorsque nos patients vont sur le continent, je recherche sur internet un centre d’auto dialyse sur leur lieu de destination et le cas échéant, je me rapproche du centre hospitalier le plus proche du lieu de séjour.

C’est toujours au centre de résidence d’appeler le centre qui accueillera le patient pour qu’il lui fasse parvenir le dossier vierge. Je remplis la partie administrative et le néphrologue se charge de la partie médicale. Complété, le dossier est adressé au centre d’accueil qui nous le retourne en proposant des jours et des horaires de dialyse. Souvent entre la demande des patients et la réalisation des déplacements il y a un décalage dû à la durée des temps de transport et aux disponibilités médicales. Ce qui impose parfois une gymnastique incroyable puisque les patients doivent être dialysés toutes les 48 heures.

Pour une gestion efficace des demandes, il est indispensable que le patient corresponde aux autorisations de dialyse du centre d’accueil – au centre Sainte Catherine nous avons une autorisation uniquement d’auto dialyse – et que le centre soit réactif. Certains patients se décident au dernier moment, cependant plus tôt la demande d’accueil est faite, mieux c’est. Dès février, je reçois des demandes. Lorsque j’ai validé un dossier, j’appelle chaque mois afin de m’assurer que le patient est toujours annoncé car il bloque une place utile pour un autre.

Toute l’année, nous collaborons énormément avec le Centre Hospitalier de Bastia, notre partenariat fonctionne parfaitement, avec un néphrologue commun, le docteur Mountassir Benzakour. L’initialisation des traitements est faite à l’hôpital pour des raisons de surveillance. Lorsque la fistule est assez développée et que la ponction et les branchements sont bien tolérés par le patient, il est orienté chez nous et retrouve son médecin.

Depuis le début de la crise liée au Covid, nous travaillons très étroitement ensemble, et avons accueilli les patients négatifs de l’auto dialyse de l’hôpital parce que ce dernier était devenu espace de dialyse covid.

Enfin, l’ensemble de nos patients et de notre personnel est vacciné. Pour venir en Corse, les patients doivent fournir un pass sanitaire ou un test PCR de moins de 72 heures. Cependant si un patient présente des symptômes, il est testé, isolé dans un box avec un masque FFP2 et un infirmier lui est dédié. Et s’il s’avère qu’il est positif, il est dirigé vers le centre hospitalier à l’unité covid. »