Insuffisance rénale, les derniers chiffres en France

Article du 10 juin 2022

L’insuffisance rénale chronique est une maladie évolutive qui touche un dixième de la population française en 2022.

Généralement plus répandue chez les personnes âgées et les individus atteints de diabète et d’hypertension, cette maladie est devenue l’une des principales causes de mortalité en France.

Selon le rapport “Ma maladie chronique 2022” publié par le Société Francophone de Néphrologie Dialyse et Transplantation, en France, près de 3 millions de personnes souffrent d’une dégradation des capacités de filtration des reins, ou maladie rénale chronique et environ 90 000 patients sont recensés au stade de l’insuffisance rénale chronique terminale.

Cet état de santé alarmant nécessite alors une prise en charge par transplantation rénale ou la mise en place d’un traitement de suppléance par hémodialyse.

Afin de comprendre davantage l’ampleur de cette maladie en France, il est essentiel de connaître certains chiffres.

Les causes de l’insuffisance rénale

On enregistre de nombreuses maladies rénales conduisant à la destruction irréversible des reins et ainsi à l’insuffisance rénale chronique

En voici quelques exemples dès plus répandus.

  • Maladie glomérulaire

Responsable de 20 % des insuffisances rénales d’après France Rein, cette maladie est une inflammation des minuscules filtres dans les reins (glomérules).

L’excès de liquide et les déchets que les glomérules filtrent de la circulation sanguine sont rejetées par voie basse sous forme d’urine.

Elle survient seule ou dans le cadre d’une autre maladie, comme le lupus ou le diabète.

  • Les pyélonéphrites

L’infection des voies urinaires peut impliquer les voies inférieures, en particulier la vessie (cystite), la prostate (prostatite) ou les voies supérieures et les reins (pyélonéphrite).

Dans environ 85 % des cas d’infections rénales, il s’agit très fréquemment d’une infection bactérienne causée par une bactérie appelée Escherichia Coli (E Coli) .

Les bactéries migrent des organes génitaux par l’urètre (le tube qui élimine l’urine du corps) dans la vessie et remontent les tubes (uretères) qui relient la vessie aux reins.

On note également que certaines bactéries, telles que les infections à staphylocoques, peuvent coloniser les reins à partir de la circulation sanguine.

  • La maladie polykystique

C’est une maladie héréditaire dans laquelle des grappes de kystes se développent principalement dans les reins, entraînant une augmentation de volume et une perte de fonction rénale au fil du temps.

Les kystes sont non cancéreux, et peuvent avoir des tailles variables.

Avoir de nombreux kystes ou de gros kystes sont à l’origine de 8% des insuffisances rénales chroniques en France.

  • La Néphroangiosclérose

Cette maladie vasculaire causée par l’hypertension artérielle est à l’origine d’au moins 10 % des insuffisances rénales chroniques chez les malades âgés.

Non traitée, elle endommage la paroi des vaisseaux, du cœur, du cerveau et, mais également des reins des reins.

Comment mesure-t-on la fonction rénale ?

Le principal indicateur de la fonction rénale reste le taux sanguin de créatinine, un déchet de l’organisme produit par les muscles et excrété par les reins.

Si la fonction rénale est réduite, la créatinine s’accumule dans le sang, entraînant un niveau élevé mesurable lors d’un test sanguin.

La fonction rénale est mesurée par un indicateur appelé eGFR (taux de filtration glomérulaire) qui indique le taux de filtration du sang par les reins.

Cet outil permet aux médecins de déterminer si la fonction rénale est normale et, dans le cas contraire, à quel niveau la fonction rénale s’est dégradée.

En pratique courante, le débit de filtration glomérulaire (DFG) peut être facilement estimé à partir de la mesure du taux de créatinine sanguine et en tenant compte de l’âge, de l’ethnie et du sexe.

Le coût de la maladie rénale en France

Le système de santé permet aux centaines de milliers de patients atteints de Maladie Rénale Chronique de bénéficier d’une prise en charge complète.

Les soins à domicile sont encouragés par les autorités de santé, quel que soit l’âge des patients, afin de réduire de manière significative les dépenses d’hospitalisation, de transport, de fonctionnement estimés à 3 milliard d’euros en 2022.

Une des mesures du plan national « Ma santé 2022 » reprise dans la Loi de financement de la Sécurité sociale 2019, a pour mission d’appliquer les soins en fonction des besoins médicaux du patient. Une mise en place qui nécessite le développement de la dialyse à domicile, soutenue par les acteurs de santé, les décideurs et les usagers.

Focus sur les quelques chiffres marquants du Registre Rein

Depuis 2016, le nombre de patients en affection de longue durée (ALD) pour insuffisance rénale a augmenté de 29% avec un taux légèrement plus haut chez les hommes (52% contre 48% chez les femmes). Parmi ces femmes en ALD pour insuffisance rénale, 30% sont âgées de 80 ans et plus.

En 2020, 91 875 cas en insuffisance rénale chronique terminale sont identifiés en France dont 11 437 nouveaux patients en 2019. 55 % sont traités en dialyse et 45 % porteurs d’un rein greffé.

Les habitants de Guyane, les Antilles, Tahiti et la Nouvelle Calédonie ont un taux d’incidence plus élevé.

Selon le bulletin 94 de l’Agence de la biomédecine publié en Mai 2022, on recense en France 21 482 patients ayant été infectés par le SARS-Cov-2 : 6 859 patients transplantés rénaux et 14 623 patients dialysés.

La fréquence de l’infection à SRAS-Cov 2 se situe approximativement à 16% des patients transplantés rénaux et 29% des patients dialysés sur l’ensemble du territoire.

Au niveau du taux de mortalité enregistré, un bilan de 803 décès en transplantation rénale (12%),1 998 en dialyse (14%) avec pour cause le SRAS-Cov 2.

 

Sources :