Édito publié le 21 Janvier 2026
Santé privée : suspendre la grève, mais pas les revendications
Depuis plusieurs années, les établissements de santé privés subissent une véritable maltraitance institutionnelle. La multiplication des réglementations, l’absence de visibilité financière et la stagnation des tarifs fragilisent durablement nos organisations. Rappelons que les tarifs des centres lourds n’ont pas évolué depuis onze ans ! De plus, les tarifs 2026 resteront figés à 0 %, alors même que l’ONDAM progresse de 3 %.
À cela s’ajoute un climat délétère, marqué par une stigmatisation injuste du travail des praticiens libéraux, dont les néphrologues. Nous dénonçons un « dialyse bashing » qui laisse des traces profondes : amertume des équipes, sentiment de déconsidération et dégradation continue des conditions d’exercice.
Les centres de dialyse ont répondu à leurs obligations de service public et garanti la prise en charge vitale de leurs patients, mais ont apporté un soutien indéfectible à la grève inédite qui réunissait la semaine dernière médecins libéraux et établissements privés. L’ampleur de cette mobilisation a révélé une crise profonde de notre système de santé, victime d’arbitrages tarifaires déconnectés des réalités du terrain.
Collectivement, nous avons décidé de suspendre la mobilisation. Si nous saluons la volonté exprimée par la ministre de la Santé de renouer le dialogue, le temps des paroles est désormais révolu. Nous attendons des actes concrets, rapides et opposables. Prendre soin de ceux qui soignent n’est pas un slogan, c’est une exigence collective.
Vincent Lacombe
Président FHP REIN

