Traitements de suppléance

Initiative de la newsletter n°15 du 08 décembre 2022

Limiter ses apports en phosphore et potassium, renforcer les protéines, surveiller son hydratation… Entrer en dialyse nécessite de réapprendre à s’alimenter.

Aux stades 4 et 5 de la maladie rénale chronique (MRC), le patient doit boire suffisamment, limiter les protéines d’origine animale et faire attention au sel pour protéger ses reins. Des recommandations qui changent du tout au tout lorsqu’il entre en dialyse.

Protéines animales deux fois par jour

« La dialyse consomme beaucoup d’énergie, le patient perd environ 10g de protéines à chaque séance », explique Marjorie Monclus, diététicienne en service dialyse à la Clinique Saint-Exupéry de Toulouse. « Pour éviter l’hypercatabolisme et la dénutrition, on instaure un régime riche en protéines animales. » Au menu : de la viande, du poisson ou des œufs midi et soir et trois produits laitiers par jour. « Chez les patients âgés qui se contentent d’une soupe le soir, ça peut être compliqué. » Dans ce cas, la diététicienne met en place un enrichissement. « On ajoute à une purée un jaune d’œuf, du gruyère râpé et de la crème fraîche. Si c’est de la soupe, on prévoit en plus un œuf ou une tranche de jambon. »

Tous les trois mois, le patient fait le point avec la diététicienne. « Si le bilan est un peu bas, que le patient est en état de dénutrition, j’ajoute des compléments alimentaires sous forme de boissons lactées ou crèmes dessert, à prendre à la maison ou pendant les séances de dialyse. »

Gérer son hydratation

Au fil de la dialyse, les patients urinent de moins en moins, certains n’urinent plus du tout. La dialyse, dont c’est la fonction, a pris le relais. Le patient va devoir gérer son hydratation en fonction de sa diurèse (volume de ses urines) et de ses prises hydriques.

Surveiller le potassium et le phosphore

Le rein fonctionnant peu ou pas, l’accumulation de potassium dans le corps peut s’avérer dangereuse pour le cœur. Le phosphore lui, peut entraîner une fragilisation osseuse et une calcification des artères. « Si les taux de potassium ou de phosphore sont trop élevés, on prescrit au patient des chélateurs* en poudre. » Et si l’action des chélateurs n’est pas suffisante, Marjorie Monclus intervient sur la préparation de l’assiette : « Pour le potassium, on peut par exemple jouer sur la cuisson des pommes de terre et légumes. On les épluche, on les laisse tremper puis on les cuit à l’eau, le potassium se transférant dans l’eau. Et on limite les fruits secs, le chocolat ou les bananes. »

Pour le phosphore, on évite les poissons gras, le gibier, les abats, le fromage à pâte dure, et les aliments industriels. Une vigilance de tous les instants, qui certes peut paraître frustrante pour le patient, mais qui s’avère rassurante sur la durée.

* Chélateur : produit chimique qui forme avec les ions positifs bi- et trivalents (notamment les métaux lourds toxiques) des complexes stables, non toxiques, éliminables, dans les urines (source : Larousse).

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