Prévenir les maladies rénales

Initiative de la newsletter n°15 du 08 décembre 2022

Comprenant des conseils de nutrition et un bilan complet à travers un questionnaire sur les habitudes alimentaires, les ateliers organisés par la diététicienne du centre permettent de préserver les reins et parfois même d’éviter la dialyse.

Au Centre d’Hémodialyse des Alpes de Manosque, des ateliers d’éducation thérapeutique ont été mis en place depuis 2011 à l’attention des patients souffrant d’insuffisance rénale. Ils sont reçus notamment par la diététicienne de l’établissement, Laurence d’Auribeau, qui a conçu des ateliers diététiques spécifiques : sur les protéines, le sel, le potassium, l’équilibre alimentaire… « Le patient répond à un questionnaire pour connaître ses apports en protéines. Comme il va falloir les baisser significativement, on voit ensuite ensemble comment on peut aménager ses rations pour éviter la dénutrition tout en préservant ses reins. » Selon le profil du patient – souvent des diabétiques –, sa situation géographique (s’il habite loin), ses facultés de concentration…, la diététicienne peut enchaîner plusieurs ateliers au cours d’une même séance ou organiser des ateliers en groupe. En moyenne, une séance dure 1h30 et peut aller jusqu’à 2h pour un bilan complet.

Un accompagnement nécessaire

L’intérêt pour le patient ? « En échangeant sur ses habitudes alimentaires, il prend conscience de ce qu’il mange, en quelle quantité, à quel rythme. Il y a tellement d’injonctions : manger moins sucré, moins salé, moins gras, consommer cinq fruits et légumes par jour, bouger plus… que parfois on s’y perd. Or, dans le cas de mes patients, les consignes sont d’autant plus importantes à respecter qu’elles vont permettre de retarder ou d’éviter de passer par la case dialyse. D’où l’intérêt pour eux de se faire accompagner. » Si la dialyse s’avère malgré tout nécessaire, Laurence d’Auribeau constate que l’information transmise lors de ses ateliers et le fait d’avoir rencontré une partie de l’équipe au cours d’autres ateliers thérapeutiques (rein sain et insuffisance rénale, l’abord vasculaire, la greffe…) leur permet d’être plus détendus et acteurs de leur parcours de soins. « Ils sont mieux préparés, comprennent leur cas, savent ce qui va se passer. Et même pourquoi leur régime alimentaire va totalement s’inverser : désormais en effet, ils vont devoir absorber un maximum de protéines ! »

Forfait MRC (maladie rénale chronique), des patients plus sereins

Dans le cadre du Plan national Ma Santé 2022, un financement des soins au forfait* a été prévu pour les maladies rénales chroniques (MRC) aux stades 4 et 5. Ce financement permet la prise en charge coordonnée des consultations spécialisées, des interventions professionnelles non médicales (paramédicales, socioéducatives…) et des actes médicaux non techniques. Au Centre d’Hémodialyse des Alpes de Manosque, les malades sont ainsi reçus successivement par le néphrologue, l’infirmière et la diététicienne. « Ce sont des patients dont la dialyse est imminente. Ils reçoivent donc toutes les informations nécessaires sur les différents modes d’épuration (dialyse péritonéale, hémodialyse et fistule) et nous adaptons leur régime alimentaire en surveillant leurs apports en sel, potassium, phosphore et protéines, en veillant à ce qu’ils ne soient pas dénutris. Ils ont aussi la possibilité de visiter le service où ils seront pris en charge et de rencontrer les soignants. De ce fait, lorsqu’ils commencent leur dialyse, ils sont plus sereins. »

*Avant la mise en place de ce forfait, une enquête menée entre 2013 et 2019 auprès de 2 835 patients avait en effet montré que 63 % des stades 4 interrogés et 33 % des stades 5 n’avaient effectué qu’une seule visite annuelle auprès d’un néphrologue, et que 60 % des stades 5 n’avaient pas consulté de diététicien(ne).