Réinventer la mobilité des patients dialysés

Initiative de la newsletter N°8 du 24 Février

Le covoiturage permet de réduire les coûts financiers et l’empreinte écologique. Il permet aussi de tisser des liens entre pairs.

Tout patient dialysé doit organiser sa semaine autour des 3 séances indispensables à sa santé. Les questions du mode de transport et de son incidence se posent inévitablement. Cependant, les patients ne sont pas égaux face à ces trajets puisque les distances à parcourir, l’âge et l’état de santé du patient sont variables.

Cependant, le temps de transport peut s’avérer moins pénible s’il est utilisé différemment.

Le covoiturage est une solution adoptée par certains établissements qui délivrent des soins itératifs : en particulier les centres de dialyse. Bien entendu ce type de dispositif ne se fait pas sans convaincre au départ les bénéficiaires et sans une bonne gestion logistique des flux de patients. Mais ce qui est sûr c’est que cela marche et que tout le monde est gagnant.

À Sarcelles, à l’Hôpital Privé Nord Parisien, la mise en place du transport sanitaire en covoiturage est une vraie réussite sur le plan environnemental, économique et social. « Entre 2015 et 2019, nous sommes passés de 20 à 61 % de patients covoiturés », explique Charles-Antoine Benhamou, directeur général adjoint. « Cela constitue un énorme gain en termes de kilométrage et donc d’émissions de CO2 avec 41 % de rejets en moins de gaz à effet de serre, mais aussi en termes d’économie pour la Sécurité Sociale avec 200 000 euros non facturés sur 5 ans. Et surtout cette démarche a permis de rompre l’isolement des patients et a un retentissement social et psychologique très positif. »

Ce projet est réalisable dans le cadre d’un partenariat étroit avec son prestataire de transports. C’est le cas entre l’HPNP et Développement du transport sanitaire et de l’urgence, prestataire exemplaire, qui a intégré une démarche en faveur du développement durable. « Entre 2015 et 2019, nous sommes passés de 200 000 km à 119 000 km parcourus par les patients de l’HPNP, soit 81 000 km d’économisés », indique Bruno Pourret, gérant de DTSU.

Transport sanitaire, la checklist bas carbone de l’HPNP :

  • mise en place autant que possible du covoiturage pour les patients dialysés,
  • signature d’une charte de bonne conduite pour les ambulanciers,
  • formation des ambulanciers à l’écoconduite et obligation de ralentir aux abords de l’établissements,
  • réservation des courses de transport sanitaire par internet pour en finir avec le papier,
  • sensibiliser les équipes pour privilégier le transport en VSL versus ambulances plus énergivores en carburant,
  • inciter les transporteurs à s’équiper en VSL électriques,
  • lors du transfert interétablissements privilégier les transports vers des structures de soins de proximité.