Donner un rein de son vivant : Une initiative à valoriser !

Article publié le 16 mars 2023

L’insuffisance rénale chronique est une maladie conduisant à une détérioration du fonctionnement des reins de façon progressive. Pour les patients en stade 5 (stade de suppléance), il reste alors deux alternatives : la dialyse ou la greffe. Des campagnes de sensibilisation à la maladie sont organisées chaque année. A l’occasion de ces grands temps forts, il est essentiel de sensibiliser le plus grand nombre à l’importance de se faire dépister régulièrement mais aussi à la possibilité de donner un rein de son vivant à un proche malade ! Une action encore peu connue qu’il est important de valoriser pour dépister au plus tôt l’insuffisance rénale afin de tout mettre en œuvre pour freiner son évolution.

 

Etat des lieux de la greffe de reins en France

  • En 2019, en France, 3 643 greffes rénales ont été effectuées, dont 510 grâce à un don du vivant (soit 14%).
  • En 2020, du fait du contexte sanitaire seulement 2595 greffes rénales ont été effectuées dont 390 grâce à un don du vivant (soit 15%).
  • En 2021, 3252 greffes dont 502 ont été réalisées à partir d’un don du vivant.
  • Fin 2022, on recensait 9890 patients inscrits sur la liste d’attente active pour une greffe de rein.

Lorsque les patients sont sur liste d’attente, les délais pour bénéficier d’une greffe sont très variables allant de quelques mois (environ dix-huit mois) à plusieurs années (presque cinq ans) parfois selon les zones géographiques. Cela s’explique par le fait que les prélèvements à partir de patients décédés sont attribués dans le périmètre géographique du donneur. De plus, selon l’HAS (Haute Autorité de Santé), il existe également des disparités importantes en termes de taux d’inscription selon les régions françaises. Des déterminants sociaux indépendants des critères médicaux (âge, genre, niveau d’éducation, précarité) peuvent avoir un impact sur le parcours d’accès à la liste d’attente.

Dans ce contexte, donner un rein de son vivant prend tout son sens et permettrait de davantage faciliter les processus de greffes.

La loi de bioéthique datant du mois d’août 2021 a notamment élargi le cercle des donneurs vivants en augmentant le nombre de paires pour les dons croisés d’organes prélevés, afin d’accroître les possibilités.

Des opérations de sensibilisation à ne pas manquer !

Chaque année, les associations et les professionnels de santé (médecins traitants, néphrologues, médecins du travail, etc.) se mobilisent auprès du grand public autour de grands temps forts annuels :

  • La journée mondiale du Rein. Elle a lieu chaque année le 9 mars.
  • La semaine nationale du Rein dans le même mois. La 18e édition se tiendra du 4 au 11 mars 2023.
  • Les journées mondiales de réflexion et du don d’organes. Elles se déroulent en octobre et en juin.

A l’occasion de ces manifestations, ces derniers organisent des rassemblements, des rencontres, des colloques, des actions de soutien, des évènements sportifs. Ces différents dispositifs ont pour vocation de promouvoir le dépistage auprès du plus grand nombre mais pas seulement ! Ce sont aussi des moments opportuns pour évoquer le don.

Le rein a notamment la particularité de pouvoir être donné de son vivant ! C’est le seul organe dont nous disposons en double et dont un seul suffit pour vivre tout à fait normalement. Ce don de soi permet de sauver la vie des malades et d’améliorer considérablement leur qualité de vie sans altérer celle du donneur. Une alternative de plus en plus mise en avant dans les campagnes de sensibilisation !

Qui peut faire don d’un de ses reins ?

Pour donner de son vivant, il est nécessaire d’être un proche du malade, soit :

  • Un parent (père, mère) ;
  • Un enfant ;
  • Un frère ou une sœur ;
  • Un(e) cousin(e) ;
  • Un oncle ou une tante ;
  • Un(e) conjoint(e).

Depuis 2011, toute personne pouvant justifier d’une vie commune ou d’un lien affectif stable avec le receveur depuis au moins deux ans peut également y prétendre. Le donneur doit également être majeur, en bonne santé et se soumettre à un bilan médical complet (bilan sanguin, compatibilité immunologique, radiographie, état psychologique, etc.) pour s’assurer de la compatibilité et de l’absence de risque, pour lui comme pour le receveur. Ce parcours appelé « pré-don » s’étale généralement sur plusieurs mois avant d’être validé juridiquement.

Donner de son vivant : Une action encouragée par l’Agence de la biomédecine

Cette dernière a lancé récemment une grande campagne visant à promouvoir le don de rein entre proches encore trop peu considéré comme une option de première intention mais plutôt comme celle de dernier recours. Et pourtant !

Ce don constitue deux atouts de taille :

  • Nous possédons deux reins, or, un seul suffit à assurer ses fonctions dépuratives.
  • Le don de son vivant est également vivement encouragé en raison de la baisse du nombre de décès dus notamment à la baisse des accidents de la route ces dernières années.

Quelles sont les avantages de donner de son vivant à un proche ?

Donner de son vivant constitue de nombreux atouts a bien des niveaux. Effectuer notamment une greffe dite « préemptive » permet de bénéficier d’une durée de vie du greffon plus élevée que lorsque la greffe intervient après dialyse en raison d’un meilleur état de santé général du patient.

De plus :

  • C’est une formidable alternative pour lutter contre la pénurie de greffons.
  • Donner à un proche multiplie les chances d’être compatible avec lui.
  • Une meilleure compatibilité limite le risque de rejet.
  • Elle améliore l’espérance de vie du greffé.
  • Les délais d’attente sont considérablement réduits.
  • Le donneur peut reprendre une vie normale, sans précautions particulière si ce n’est une surveillance médicale régulière de son rein.

Il est important de préciser que ce don est gratuit. Il doit être librement consenti et doit s’inscrire dans l’intérêt thérapeutique du receveur. Les frais médicaux sont intégralement pris en charge par l’assurance maladie et par l’établissement préleveur, ainsi que les frais complémentaires (transport, hébergement, perte de rémunération).

 

Sources :

 

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