Point de vue publié le 03 Février 2026
Les recommandations concernant l’activité physique chez les personnes atteintes de maladie rénale ont beaucoup évolué. Si autrefois, le repos était privilégié, aujourd’hui les médecins encouragent leurs patients à rester actifs, avec des exercices adaptés à leur condition. Nous vous apportons un éclairage sur le sujet.

Contrairement aux idées reçues, bouger ne fatigue pas davantage les patients atteints d’une maladie rénale. Au contraire, l’activité physique améliore la qualité de vie, contribue à ralentir la progression de la maladie et réduit le risque de complications. Zoom sur ses multiples bienfaits…
Amélioration de la capacité physique et de l’endurance
La maladie rénale chronique provoque généralement une diminution progressive de la capacité physique. Les patients se plaignent fréquemment d’essoufflement rapide, de jambes lourdes et d’une fatigabilité excessive même lors d’efforts minimes. Cette détérioration physique résulte de plusieurs mécanismes : anémie chronique, inflammation persistante, etc.
Dès les premières semaines d’entraînement adapté, la tolérance à l’effort s’améliore significativement. Le cœur pompe plus efficacement, les muscles utilisent mieux l’oxygène disponible et la circulation sanguine s’optimise. Les gestes quotidiens deviennent moins pénibles : monter les escaliers, porter les courses, jouer avec les petits-enfants…
Protection cardiovasculaire renforcée
Le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral (AVC) et d’insuffisance cardiaque augmente considérablement, même aux stades précoces de la pathologie rénale. L’activité physique régulière agit comme un véritable bouclier protecteur pour votre cœur et vos vaisseaux. Elle contribue à réguler votre pression artérielle, facteur de risque majeur souvent difficile à contrôler chez les patients. Vos artères gagnent en souplesse, réduisant ainsi le risque de thrombose.
Bouger améliore également votre sensibilité à l’insuline, protégeant ainsi contre le diabète ou en optimisant son contrôle si vous en avez. Cette cascade d’effets bénéfiques réduit globalement votre risque cardiovasculaire de manière substantielle.
Préservation de la masse musculaire et osseuse
L’insuffisance rénale chronique s’accompagne fréquemment d’une fonte musculaire progressive appelée sarcopénie. Les protéines se dégradent excessivement, leur synthèse diminue et l’inflammation chronique accélère cette perte tissulaire. Parallèlement, vos os se fragilisent sous l’effet des déséquilibres minéraux caractéristiques de la maladie rénale.
L’activité physique, particulièrement les exercices de résistance et de renforcement musculaire, stimulent la construction de fibres musculaires neuves et freinent la dégradation protéique.
Amélioration de la fonction rénale résiduelle
L’exercice régulier pourrait ralentir la progression de la maladie rénale chronique en réduisant l’inflammation systémique chronique qui endommage progressivement les structures rénales. Il diminue le stress oxydatif, processus délétère accélérant le vieillissement des néphrons. En améliorant votre contrôle tensionnel et glycémique, l’exercice protège indirectement vos reins des agressions liées à l’hypertension et au diabète.
Bénéfices psychologiques et qualité de vie
Vivre avec une maladie rénale chronique peut impacter le moral de certains patients. L’anxiété face à l’évolution de la maladie, les restrictions alimentaires contraignantes et la fatigue permanente favorisent l’isolement social. L’activité physique libère des endorphines, ces hormones du bien-être qui améliorent naturellement l’humeur.
Par ailleurs, votre sommeil gagne en qualité, diminuant ainsi la fatigue diurne et restaurant votre énergie globale. Participer à des activités physiques, qu’elles soient individuelles ou collectives, brise l’isolement. Les cours collectifs créent du lien et participent à une vie sociale épanouissante.
Bénéfices spécifiques pour les patients dialysés
Pour les personnes sous dialyse, l’exercice physique présente des avantages particuliers. Plusieurs centres proposent désormais des programmes d’exercice pendant les séances de dialyse avec des résultats encourageants. L’activité physique améliore en effet l’efficacité de l’épuration sanguine durant la dialyse en facilitant la mobilisation des toxines stockées dans les tissus vers la circulation sanguine. Les patients actifs tolèrent généralement mieux leurs séances, avec moins d’hypotensions et de crampes musculaires.
Quelles activités privilégier ?
Les activités d’endurance modérée sont recommandées comme la marche rapide, le vélo, la natation ou encore l’aquagym. Démarrez progressivement avec de courtes sessions quotidiennes et augmentez graduellement la durée jusqu’à atteindre des séances confortables la plupart des jours de la semaine. L’important est de choisir une activité qui vous fait plaisir et qui vous donne envie de bouger !
Les précautions à prendre
Consultez impérativement votre néphrologue avant de débuter une activité physique. Il évaluera au préalable votre état cardiovasculaire, votre fonction rénale et vos éventuelles contre-indications spécifiques. Idéalement, faites-vous accompagner par un professionnel de l’activité physique adaptée spécialisé dans les pathologies chroniques. Ces experts conçoivent des programmes personnalisés respectant vos capacités et vos contraintes médicales.
Écoutez attentivement votre corps. Essoufflement excessif, douleurs thoraciques, vertiges importants ou fatigue inhabituelle doivent vous inciter à ralentir ou stopper immédiatement l’effort.
Vous l’aurez compris, loin d’aggraver la pathologie, l’exercice physique améliore la capacité physique, protège le système cardiovasculaire, préserve la masse musculaire, soutient la fonction rénale et restaure le bien-être psychologique. Cette approche mérite pleinement sa place au cœur de votre prise en charge globale.
Avec un accompagnement médical approprié et une pratique progressive et régulière, chaque patient peut bénéficier de ces multiples bienfaits. N’attendez plus pour bouger !
Céline KERUZORE
Sources :
https://objectifreinsante.org/je-vis-avec-maladie/je-pratique-activite-physique/
https://www.santelog.com/actualites/maladie-renale-reduire-aussi-son-risque-par-lactivite-physique
https://www.vidalfrance.com/ressources/podcasts/sport-et-insuffisance-renale
https://stm.cairn.info/revue-nephrologie-et-therapeutique-2023-6-page-507?lang=fr
https://www.francerein.org/vivre-avec-la-maladie/au-quotidien/activites-physiques-adaptees/
https://objectifreinsante.org/activites-physiques/

